Le journal danne frank, p.25
Le journal d’Anne Frank, page 25
Le soir, dans la salle de bains, Margot et moi avons parlé de Bram et de Trees !
Ce matin, une très mauvaise surprise m’attendait : après le petit déjeuner, Peter m’a fait signe de le suivre en haut : « Tu m’as bien fait marcher ! a-t-il dit. J’ai entendu ce que vous disiez hier dans la salle de bains, Margot et toi, je crois que tu voulais d’abord voir ce que Peter savait pour t’en amuser ensuite ! »
Oh, j’étais abasourdie, j’ai employé tous les moyens pour lui ôter de la tête cette idée scandaleuse ; je comprends tellement bien dans quel état il devait être et il n’y a rien de vrai !
Je lui ai dit : « Oh non, Peter, comment pourrais-je être aussi méchante, j’ai promis de tenir ma langue et je le ferai. Jouer la comédie et me conduire ensuite pour de bon aussi méchamment, non Peter, où serait la plaisanterie, c’est déloyal. Je n’ai rien répété, tout ce que je t’ai dit est vrai, tu me crois ? »
Il m’a assuré qu’il me croyait, mais il faut que je lui en reparle, cette histoire me trotte dans la tête toute la journée. Heureusement qu’il m’a dit tout de suite ce qu’il pensait, tu te rends compte, s’il avait gardé pour lui une idée si moche de moi. Ce cher Peter ! À partir de maintenant, je dois tout lui raconter et je le ferai !
Bien à toi,
Anne
VENDREDI 24 MARS 1944
Ma chère Kitty,
En ce moment, je vais souvent là-haut le soir humer un peu d’air frais dans la chambre de Peter. Dans une pièce sombre, on arrive beaucoup plus vite à de vraies conversations que lorsque le soleil vous chatouille le visage. C’est bien agréable de rester là-haut assise sur une chaise à côté de lui et de regarder dehors. Les Van Daan et Dussel font des plaisanteries stupides chaque fois que je disparais dans sa chambre. « Annes zweite Heimat43 », disent-ils, ou bien : « Est-il convenable pour des messieurs de recevoir à une heure tardive, dans l’obscurité, la visite de jeunes filles ? » Peter montre une étonnante présence d’esprit face à ces remarques qui se veulent spirituelles. Ma chère maman, elle non plus, n’est d’ailleurs pas peu curieuse et aimerait bien s’enquérir des sujets de nos conversations, si au fond d’elle-même elle ne craignait pas une réponse négative. Peter dit que les adultes ne font que nous envier parce que nous sommes jeunes et que nous nous moquons de leurs piques.
Parfois il vient me chercher en bas, mais c’est plutôt pénible parce qu’en dépit de toutes ses précautions, il devient rouge comme une pivoine et trouve à peine ses mots. Je suis tout de même bien contente de ne jamais rougir, cela me paraît décidément une sensation des plus désagréables.
D’autre part, je trouve très ennuyeux que Margot reste seule en bas, tandis que je suis en haut en bonne compagnie. Mais que puis-je y changer, je suis d’accord pour qu’elle monte avec moi, mais alors, elle est pour ainsi dire la cinquième roue du carrosse, elle est là pour des prunes.
J’en entends de toutes les couleurs sur notre soudaine amitié et je ne sais plus combien de fois la conversation, à table, a déjà roulé sur un mariage à l’Annexe, si jamais la guerre durait encore cinq ans. Mais que nous font, à vrai dire, tous ces radotages de parents ? Pas grand-chose en tout cas, ils sont tous si bébêtes. Mes parents auraient-ils oublié aussi leur jeunesse ? On pourrait le croire, puisqu’ils nous prennent toujours au sérieux quand nous plaisantons, et rient de nous quand nous sommes sérieux. Je ne sais absolument pas comment la situation va évoluer, ni si nous aurons toujours quelque chose à nous dire. Mais si nous continuons, nous pourrons aussi rester l’un avec l’autre sans parler. Si au moins, les vieux là-haut se comportaient plus normalement. C’est sûrement parce qu’ils n’aiment pas trop me voir. De toute façon, Peter et moi n’irons pas raconter le fond de nos conversations. Imagine un peu s’ils savaient que nous abordons des sujets aussi intimes.
Je voudrais lui demander s’il sait comment une fille est faite. Un garçon n’est pas aussi compliqué d’en bas qu’une fille, je crois. Sur les photos ou les reproductions d’hommes nus, on voit quand même très bien comment ils sont faits, mais pas les femmes. Chez elles, les parties sexuelles, ou je ne sais trop comment cela s’appelle, se situent beaucoup plus entre les jambes. Il n’a sûrement jamais dû voir une fille de si près, et à vrai dire moi non plus. Évidemment, c’est beaucoup plus facile chez les garçons. Mais comment pourrais-je bien lui décrire l’installation, parce que j’ai compris, d’après ce qu’il m’a dit, qu’il ne s’en fait pas une idée précise.
Il parlait du « Muttermund44 » [col de l’utérus], mais il se trouve à l’intérieur, on ne peut pas le voir. Les choses sont tout de même très bien organisées chez nous.
Avant d’avoir onze ou douze ans, je ne savais pas qu’il existait en plus les petites lèvres, on ne pouvait absolument pas les voir. Et le plus beau, c’est que je croyais que l’urine sortait du clitoris. Quand j’ai demandé une fois à maman à quoi servait cette excroissance, elle m’a dit qu’elle ne le savait pas, pas étonnant, elle a toujours de ces réactions stupides !
Mais revenons-en à notre sujet. Comment faire pour en décrire la composition, sans exemple à l’appui ? Et si je m’y essayais ici pour voir ? Allons-y.
Devant, quand on est debout, on ne voit rien que des poils. Entre les jambes se trouvent en fait des espèces de petits coussinets, des choses molles, elles aussi couvertes de poils, qui se touchent quand on se met debout, à ce moment-là, on ne peut pas voir ce qui se trouve à l’intérieur. Quand on s’assoit, elles se séparent, et dedans c’est très rouge et laidement charnu. Dans la partie supérieure, entre les grandes lèvres, en haut, il y a un repli de peau qui, si l’on observe mieux, est une sorte de petite poche, c’est le clitoris. Puis il y a les petites lèvres, elles se touchent, elles aussi, et forment comme un repli. Quand elles s’ouvrent, on trouve à l’intérieur un petit bout de chair, pas plus grand que l’extrémité de mon pouce. Le haut de ce bout de chair est poreux, il comporte différents trous et de là sort l’urine. Le bas semble n’être que de la peau, mais pourtant c’est là que se trouve le vagin. Des replis de peau le recouvrent complètement, on a beaucoup de mal à le dénicher. Le trou en dessous est si minuscule que je n’arrive presque pas à m’imaginer comment un homme peut y entrer, et encore moins comment un enfant entier peut en sortir. On arrive tout juste à faire entrer l’index dans ce trou, et non sans mal. Voilà tout, et pourtant cela joue un si grand rôle !
Bien à toi,
Anne M. Frank
SAMEDI 25 MARS 1944
Chère Kitty,
Quand on est soi-même en train de changer, on ne s’en aperçoit pas avant d’avoir changé. J’ai changé, et même en profondeur, totalement et en tout. Mes opinions, mes conceptions, mon regard critique, mon aspect extérieur, mes préoccupations intérieures, tout a changé. Et d’ailleurs pour le mieux, je peux l’affirmer sans crainte car c’est vrai.
Je t’ai déjà raconté combien il m’avait été difficile de passer, quand je suis arrivée ici, de ma vie douillette de petite personne adulée à la dure réalité des réprimandes et des adultes. Mais papa et maman sont en grande partie responsables de tout ce que j’ai dû supporter. À la maison, ils ont bien voulu me laisser ce plaisir et c’était très bien, mais ici, ils n’auraient pas dû en plus me monter la tête, par-dessus le marché, et ne me montrer que « leur » conception des choses dans toutes leurs disputes et dans leurs séances de commérages. Avant de m’apercevoir que dans leurs disputes, ils avaient chacun raison pour fifty-fifty, il m’en a fallu du temps. Mais à présent, je sais combien de fautes ont été commises ici, par les vieux comme par les jeunes. La plus grande faute de papa et maman vis-à-vis des Van Daan est de ne jamais leur parler de manière franche et amicale (même si cette amitié est peut-être un peu factice). Je veux, avant tout, préserver la paix ici, et éviter de me disputer ou de médire. Avec papa et Margot, ce n’est pas difficile ; mais avec maman, ça l’est, aussi est-ce une bonne chose si elle-même me reprend parfois. On peut facilement se mettre M. Van Daan dans la poche en lui donnant raison, en l’écoutant en silence et sans trop parler, et surtout… en répondant par une autre blague à chacune de ses blagues et de ses astuces vaseuses. Quant à Madame, on la charme en parlant franchement et en cédant sur tout. Il faut dire qu’elle admet ouvertement ses défauts, qui sont extrêmement nombreux. Je sais trop bien qu’elle a une moins mauvaise opinion de moi qu’au début. Et cela vient seulement de ma franchise et de mon habitude de dire en face même les choses les moins flatteuses. Je veux être franche et je trouve qu’ainsi on est bien plus avancé ; en plus, on se sent beaucoup mieux.
Hier, Madame me parlait du riz que nous avons donné aux Kleiman : « Nous avons donné, donné et encore donné, et puis il est arrivé un moment où j’ai dit : maintenant, cela suffit. M. Kleiman peut se débrouiller tout seul pour trouver du riz, s’il en prend la peine. Pourquoi devons-nous nous défaire de toutes nos réserves ? Nous tous ici en avons autant besoin qu’eux, a dit Madame.
– Non, madame, ai-je répondu, je ne suis pas d’accord avec vous. M. Kleiman peut sans doute se procurer du riz, mais il lui est désagréable de s’en préoccuper. Ce n’est pas à nous de critiquer les gens qui nous aident. Nous devons leur donner tout ce dont nous pouvons éventuellement nous passer et ce dont ils ont besoin. Une petite assiette de riz par semaine ne nous apporte rien de plus, nous pouvons tout aussi bien manger des légumes secs ! »
Madame n’était pas de cet avis, mais elle a dit aussi que même si elle n’était pas d’accord, elle voulait bien céder, c’était une tout autre affaire.
Bon, je préfère arrêter, parfois je sais où est ma place, parfois je doute encore, mais j’y arriverai ! C’est certain ! Surtout que j’ai maintenant un soutien, car Peter m’aide plus d’une fois à supporter un savon ou à avaler une pilule amère.
Je ne sais absolument pas dans quelle mesure il m’aime et si nous en viendrons jamais à nous embrasser ; en tout cas, je ne veux rien forcer !
À papa, j’ai dit que je rendais souvent visite à Peter et je lui ai demandé s’il était d’accord. Bien sûr qu’il était d’accord !
À Peter, je parle beaucoup plus facilement de choses qu’autrement je ne confie jamais ; ainsi, je lui ai dit que plus tard je veux beaucoup écrire, et même si je ne deviens pas écrivain, ne jamais négliger l’écriture, à côté de mon travail ou de mes activités.
Je ne suis pas riche en argent ou en biens matériels, je ne suis pas jolie, pas intelligente, pas douée, mais je suis heureuse et le resterai ! J’ai une nature heureuse, j’aime les gens, je ne suis pas méfiante et je veux les voir tous heureux avec moi.
Ton affectionnée Anne M. Frank
Une fois de plus, la journée ne m’a rien apporté
Et en ténèbres elle s’est transformée !
(Ces vers datent de plusieurs semaines, ils ne comptent plus, mais comme j’en fais si rarement, je les écris quand même.)
LUNDI 27 MARS 1944
Chère Kitty,
La politique devrait en fait constituer un très gros chapitre de l’histoire écrite de notre clandestinité, mais comme, personnellement, le sujet ne me préoccupe pas spécialement, je l’ai laissé de côté bien trop souvent. Aussi vais-je aujourd’hui, pour une fois, consacrer une lettre entière à la politique.
Le fait qu’il existe une foule de conceptions différentes sur la question est évident, que l’on en parle beaucoup en ces temps difficiles de guerre est encore plus logique, mais… que l’on se dispute tant à ce sujet est tout simplement idiot ! Ils peuvent faire des paris, rire, jurer, ronchonner, tout ce qu’ils veulent, du moment qu’ils mijotent dans leur jus et surtout qu’ils ne se disputent pas car alors, la plupart du temps, les conséquences sont moins heureuses. Les gens qui viennent du dehors apportent énormément de fausses nouvelles ; notre radio, en revanche, n’a jamais menti jusqu’à présent. Jan, Miep, Kleiman, Bep et Kugler ont tous des hauts et des bas dans leurs espoirs politiques, Jan peut-être moins que les autres.
Ici, à l’Annexe, les sentiments sont toujours les mêmes à propos de la politique. Lors des innombrables débats sur le débarquement, les bombardements aériens, les discours, etc., on entend des exclamations tout aussi innombrables comme « Z’é pas groyable, Mon Tieu, Mon Tieu, s’ils s’y mettent seulement maintenant qu’est-ce qu’on va devenir ! Tout ze passe gomme zur tes roulettes, parfait, magnifique ! »
Les optimistes et les pessimistes, et surtout n’oublions pas les réalistes, donnent leur avis avec une énergie infatigable, et comme pour tout, chacun pense qu’il est le seul à avoir raison. Une certaine dame s’irrite de la confiance infinie de monsieur son mari envers les Anglais, un certain monsieur s’en prend à sa dame à cause de ses réflexions taquines et dédaigneuses sur sa nation préférée !
Du matin jusqu’au soir, et le plus beau c’est qu’ils ne s’en lassent jamais. J’ai fait une trouvaille qui marche du tonnerre, c’est comme si on piquait quelqu’un avec une aiguille pour le faire bondir. Ma technique marche exactement de la même façon.
On lance le débat sur la politique, une question, un mot, une phrase, et voilà toute la famille aussitôt dans le feu de l’action !
Comme si les « Wehrmachtsberichte45 » et la B.B.C. ne suffisaient pas, il existe depuis pas très longtemps une « Luftlagemeldung46 ». En un mot, magnifique, mais aussi (revers de la médaille) souvent décevant. Les Anglais se servent de leur arme aérienne en continu, cette persévérance n’ayant d’égal que celle des mensonges allemands, eux aussi débités en continu !
Ainsi la radio est déjà allumée à huit heures du matin (sinon avant) et on l’écoute toutes les heures jusqu’à neuf heures, dix heures ou parfois même onze heures du soir. Voilà la plus belle preuve que les adultes ont de la patience et sont un peu durs du cerveau (certains bien sûr, je ne veux offenser personne). Nous devrions avoir assez d’une émission, ou de deux au plus, pour toute la journée ! Mais ces vieilles oies, enfin, je l’ai déjà dit ! Arbeiter-Programm47, Radio Orange, Frank Philips48 ou Sa Majesté Wilhelmine, tout y passe, ils y prêtent sans distinction une oreille docile, et s’ils ne sont pas en train de manger ou de dormir, alors ils sont assis devant la radio et parlent de manger, de dormir et de politique. Oh, comme cela devient agaçant et quel tour de force que d’éviter de se transformer en une petite vieille ennuyeuse. Nos vieux, eux, ne risquent plus grand-chose de ce côté-là.
Pour donner un exemple édifiant, le discours de ce Winston Churchill si cher à nos cœurs est idéal.
Neuf heures, dimanche soir. Le thé est tenu au chaud sur la table, les invités entrent dans la pièce. Dussel s’installe à gauche de la radio, Monsieur devant, Peter à côté. Maman près de Monsieur, Madame derrière. Margot et moi tout au fond et Pim à table. Je constate que je ne décris pas très clairement notre disposition, mais en fin de compte nos places n’ont pas tellement d’importance. Les messieurs fument comme des pompiers, Peter, à force de se concentrer pour mieux écouter, a les yeux qui se ferment, maman dans un long négligé foncé et Madame toute tremblante à cause des avions qui, sans se soucier du discours le moins du monde, se dirigent allègrement vers Essen, papa buvant bruyamment son thé, Margot et moi unies fraternellement par Mouschi endormi, qui a jeté son dévolu sur deux genoux différents. Margot a des bigoudis dans les cheveux, je suis vêtue pour la nuit d’une tenue beaucoup trop petite, trop étroite et trop courte. L’atmosphère semble intime, conviviale et paisible, elle l’est d’ailleurs, cette fois-là, pourtant j’attends avec angoisse les réactions au discours. C’est qu’ils ont du mal à se contenir, trépignent d’impatience dans l’attente de la prochaine dispute ! Kss, kss, comme un chat qui attire une souris hors de son trou, ils s’aiguillonnent les uns les autres jusqu’à provoquer la dispute ou la brouille.
Bien à toi,
Anne
MARDI 28 MARS 1944
Très chère Kitty,
Je pourrais en écrire encore beaucoup sur la politique, mais aujourd’hui, j’ai d’abord un tas d’autres nouvelles à rapporter. Premièrement, maman m’a en fait interdit d’aller là-haut, car d’après elle, Mme Van Daan est jalouse. Deuxièmement, Peter a invité Margot à venir là-haut avec moi, je ne sais pas si c’est par politesse ou si c’est sérieux. Troisièmement, je suis allée demander à papa s’il trouvait que je devais me soucier de cette jalousie et il a dit que non.
Et maintenant ? Maman est fâchée, ne veut pas me laisser monter, insiste pour me faire à nouveau travailler ici, avec Dussel ; elle est peut-être jalouse, elle aussi. Papa veut bien nous accorder, à Peter et moi, ces quelques heures et ne voit aucun inconvénient à ce que nous nous entendions si bien. Margot aime Peter aussi, mais a l’impression qu’on ne peut pas parler aussi bien à trois qu’à deux.
Sinon, maman pense que Peter est amoureux de moi. Pour être honnête, je voudrais que ce soit vrai, à ce moment-là nous serions quittes et nous pourrions nous atteindre beaucoup plus facilement. En plus, elle dit qu’il me regarde sans arrêt ; il est vrai que nous nous faisons des clins d’œil plus d’une fois, à travers la pièce, et qu’il regarde les fossettes de mes joues, mais je ne peux rien y changer. Non ?
Je suis dans une position très difficile. Je m’oppose à maman et elle à moi, papa ferme les yeux devant cette lutte silencieuse. Maman est triste car elle m’aime encore, je ne suis pas triste du tout car elle a perdu tout crédit auprès de moi.
Et Peter… Je ne veux pas renoncer à Peter, il est si doux et je l’admire tant, tout pourrait devenir si beau entre nous, pourquoi faut-il que les vieux mettent encore le nez dans nos affaires ? Heureusement, j’ai l’habitude de cacher mes émotions et j’arrive d’ailleurs très bien à ne pas laisser transparaître à quel point je l’adore. Va-t-il jamais se déclarer ? Sentirai-je jamais sa joue, comme celle de Petel dans mon rêve ? Oh ! Peter et Petel, vous êtes une seule et même personne ! Eux, ils ne nous comprennent pas, ils ne pigeraient jamais que nous puissions nous contenter de rester assis l’un près de l’autre sans parler. Ils ne comprennent pas ce qui nous attire tant l’un vers l’autre ! Oh, quand aurons-nous enfin réussi à vaincre les difficultés, et pourtant comme il est bon de les vaincre car la fin n’en est que plus belle. Quand il est allongé, la tête sur les bras et les yeux fermés, il est encore enfant. Quand il joue avec Mouschi ou parle de lui, il est tendre, quand il porte des pommes de terre ou d’autres choses lourdes, alors il est fort.

