Complete works of gustav.., p.352

Complete Works of Gustave Flaubert, page 352

 

Complete Works of Gustave Flaubert
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  Voilà pourquoi il ne se maria point et n’eut pour maîtresse ni fille entretenue, ni femme mariée, ni grisette, ni jeune fille ; restaient les veuves, il n’y pensa pas.

  Quand il fallut choisir un état, il hésita entre mille répugnances. Pour se mettre philanthrope, il n’était pas assez malin, et son bon naturel l’écartait de la médecine ; — quant au commerce, il était incapable de calculer, la vue seule d’une banque lui agaçait les nerfs. Malgré ses folies, il avait trop de sens pour prendre au sérieux la noble profession d’avocat ; d’ailleurs sa justice ne se fût pas accommodée aux lois. Il avait aussi trop de goût pour se lancer dans la critique, il était trop poète, peut-être, pour réussir dans les lettres. Et puis, sont-ce là des états ? Il faut s’établir, avoir une position dans le monde, on s’ennuie à rester oisif, il faut se rendre utile, l’homme est né pour travailler : maximes difficiles à comprendre et qu’on avait soin de souvent lui répéter.

  Résigné à s’ennuyer partout et à s’ennuyer de tout, il déclara vouloir faire son droit et il alla habiter Paris. Beaucoup de gens l’envièrent dans son village, et lui dirent qu’il allait être heureux de fréquenter les cafés, les spectacles, les restaurants, de voir les belles femmes ; il les laissa dire, et il sourit comme lorsqu’on a envie de pleurer. Que de fois, cependant, il avait désiré quitter pour toujours sa chambre, où il avait tant baillé, et dérangé ses coudes de dessus le vieux bureau d’acajou où il avait composé ses drames à quinze ans ! et il se sépara de tout cela avec peine ; ce sont peut-être les endroits qu’on a le plus maudits que l’on préfère aux autres, les prisonniers ne regrettent-ils pas leur prison ? C’est que, dans cette prison, ils espéraient et que, sortis, ils n’espèrent plus ; à travers les murs de leur cachot, ils voyaient la campagne émaillée de marguerites, sillonnée de ruisseaux, couverte de blés jaunes, avec des routes bordées d’arbres, — mais rendus à la liberté, à la misère, ils revoient la vie telle qu’elle est, ornée de gardes champêtres pour les empêcher de prendre les fruits s’ils ont soif, fournie en gardes forestiers, s’ils veulent tuer du gibier et qu’ils aient faim, couverte de gendarmes, s’ils ont envie de se promener et qu’ils n’aient pas de passeport.

  Il alla se loger dans une chambre garnie, où les meubles avaient été achetés pour d’autres, usés par d’autres que lui ; il lui sembla habiter dans des ruines. Il passait la journée à travailler, à écouter le bruit sourd de la rue, à regarder la pluie tomber sur les toits.

  Quand il faisait du soleil, il allait se promener au Luxembourg, il marchait sur les feuilles tombées, se rappelant qu’au collège il faisait de même ; mais il ne se serait pas douté que, dix ans plus tard, il en serait là. Ou bien il s’asseyait sur un banc et songeait à mille choses tendres et tristes, il regardait l’eau froide et noire des bassins, puis il s’en retournait le cœur serré. Deux ou trois fois, ne sachant que faire, il alla dans les églises à l’heure du salut, il tâchait de prier ; comme ses amis auraient ri, s’ils l’avaient vu tremper ses doigts dans le bénitier et faire le signe de la croix.

  Un soir qu’il errait dans un faubourg et qu’irrité sans cause il eût voulu sauter sur des épées nues et se battre à outrance, il entendit des voix chanter et le son doux d’un orgue y répondre par bouffées. Il entra. Sous le portique, une vieille femme, accroupie par terre, demandait la charité en secouant des sous dans un gobelet de fer-blanc ; la porte tapissée allait et venait à chaque personne qui entrait ou qui sortait, on entendait des bruits de sabots, des chaises qui remuaient sur des dalles ; au fond, le chœur était illuminé, le tabernacle brillait aux flambeaux, le prêtre chantait des prières, les lampes, suspendues dans la nef, se balançaient à leurs longues cordes, le haut des ogives et les bas-côtés étaient dans l’ombre, la pluie fouettait sur les vitraux et en faisait craquer les fils de plomb, l’orgue allait, et les voix reprenaient, comme le jour où il avait entendu sur les falaises la mer et les oiseaux se parler. Il fut pris d’envie d’être prêtre, pour dire des oraisons sur le corps des morts, pour porter un cilice et se prosterner ébloui dans l’amour de Dieu… Tout à coup un ricanement de pitre lui vint au fond du cœur, il enfonça son chapeau sur ses oreilles, et sortit en haussant les épaules.

  Plus que jamais il devint triste, plus que jamais les jours furent longs pour lui ; les orgues de Barbarie qu’il entendait jouer sous sa fenêtre lui arrachaient l’âme, il trouvait à ces instruments une mélancolie invincible, il disait que ces boîtes-là étaient pleines de larmes. Ou plutôt il ne disait rien, car il ne faisait pas le blasé, l’ennuyé, l’homme qui est désillusionné de tout ; sur la fin, même, on trouva qu’il était devenu d’un caractère plus gai. C’était, le plus souvent, quelque pauvre homme du Midi, un Piémontais, un Génois, qui tournait la manivelle. Pourquoi celui-là avait-il quitté sa corniche, et sa cabane couronnée de maïs à la moisson ? il le regardait jouer longtemps, sa grosse tête carrée, sa barbe noire et ses mains brunes, un petit singe habillé de rose sautait sur son épaule et grimaçait, l’homme tendait sa casquette, il lui jetait son aumône dedans et le suivait jusqu’à ce qu’il l’eût perdu de vue.

  En face de lui on bâtissait une maison, cela dura trois mois ; il vit les murs s’élever, les étages monter les uns sur les autres, on mit des carreaux aux fenêtres, on la crépit, on la peignit, puis on ferma les portes ; des ménages vinrent l’habiter et commencèrent à y vivre, il fut fâché d’avoir des voisins, il aimait mieux la vue des pierres.

  Il se promenait dans les musées, il contemplait tous ces personnages factices, immobiles et toujours jeunes dans leur vie idéale, que l’on va voir, et qui voient passer devant eux la foule, sans déranger leur tête, sans ôter la main de dessus leurs épées, et dont les yeux brilleront encore quand nos petits-fils seront ensevelis. Il se perdait en contemplations devant les statues antiques, surtout celles qui étaient mutilées.

  Une chose pitoyable lui arriva. Un jour, dans la rue, il crut reconnaître quelqu’un en passant près de lui, l’étranger avait fait le même mouvement, ils s’arrêtèrent et s’abordèrent. C’était lui ! son ancien ami, son meilleur ami, son frère, celui à côté de qui il était au collège, en classe, à l’étude, au dortoir ; ils faisaient leurs pensums et leurs devoirs ensemble ; dans la cour et en promenade, ils se promenaient bras dessus bras dessous, ils avaient juré autrefois de vivre en commun et d’être amis jusqu’à la mort. D’abord ils se donnèrent une poignée de main, en s’appelant par leur nom, puis se regardèrent des pieds à la tête sans rien dire, ils étaient changés tous les deux et déjà un peu vieillis. Après s’être demandé ce qu’ils faisaient, ils s’arrêtèrent tout court et ne surent aller plus loin ; ils ne s’étaient pas vus depuis six ans et ne purent trouver quatre mots à échanger. Ennuyés, à la fin, de s’être regardés l’un et l’autre dans le blanc des yeux, ils se séparèrent.

  Comme il n’avait d’énergie pour rien et que le temps, contrairement à l’avis des philosophes, lui semblait la richesse la moins prêteuse du monde, il se mit à boire de l’eau-de-vie et à fumer de l’opium ; il passait souvent ses journées tout couché et à moitié ivre, dans un état qui tenait le milieu entre l’apathie et le cauchemar.

  D’autres fois la force lui revenait, et il se redressait tout à coup comme un ressort. Alors le travail lui apparaissait plein de charmes, et le rayonnement de la pensée le faisait sourire, de ce sourire placide et profond des sages ; il se mettait vite à l’ouvrage, il avait des plans superbes, il voulait faire apparaître certaines époques sous un jour tout nouveau, lier l’art à l’histoire, commenter les grands poètes comme les grands peintres, pour cela apprendre les langues, remonter à l’antiquité, entrer dans l’Orient ; il se voyait déjà lisant des inscriptions et déchiffrant des obélisques ; puis il se trouvait fou et recroisait les bras.

  Il ne lisait plus, ou bien c’étaient des livres qu’il trouvait mauvais et qui, néanmoins, lui causaient un certain plaisir par leur médiocrité même. La nuit il ne dormait pas, des insomnies le retournaient sur son lit, il rêvait et il s’éveillait, si bien que, le matin, il était plus fatigué que s’il eût veillé.

  Usé par l’ennui, habitude terrible, et trouvant même un certain plaisir à l’abrutissement qui en est la suite, il était comme les gens qui se voient mourir, il n’ouvrait plus sa fenêtre pour respirer l’air, il ne se lavait plus les mains, il vivait même dans une saleté de pauvre, la même chemise lui servait une semaine, il ne se faisait plus la barbe et ne se peignait plus les cheveux. Quoique frileux, s’il était sorti dans la matinée et qu’il eût les pieds mouillés, il restait toute la journée sans changer de chaussures et sans faire de feu, ou bien il se jetait tout habillé sur son lit et tâchait de s’endormir ; il regardait les mouches courir sur le plafond, il fumait et suivait de l’oeil les petites spirales bleues qui sortaient de ses lèvres.

  On concevra sans peine qu’il n’avait pas de but, et c’est là le malheur. Qui eût pu l’animer, l’émouvoir ? l’amour ? il s’en écartait ; l’ambition le faisait rire ; pour l’argent, sa cupidité était fort grande, mais sa paresse avait le dessus, et puis un million ne valait pas pour lui la peine de le conquérir ; c’est à l’homme né dans l’opulence que le luxe va bien ; celui qui a gagné sa fortune, presque jamais ne la sait manger ; son orgueil était tel qu’il n’aurait pas voulu d’un trône. Vous me demanderez : Que voulait-il ? je n’en sais rien, mais, à coup sûr, il ne songeait point à se faire plus tard élire député ; il eût même refusé une place de préfet, y compris l’habit brodé, la croix d’honneur passée autour du cou, la culotte de peau et les bottes écuyères les jours de cérémonie. Il aimait mieux lire André Chénier que d’être ministre, il aurait préféré être Talma que Napoléon.

  C’était un homme qui donnait dans le faux, dans l’amphigourique et faisait grand abus d’épithètes.

  Du haut de ces sommets, la terre disparaît, et tout ce qu’on y arrache. Il y a également des douleurs du haut desquelles on n’est plus rien et l’on méprise tout ; quand elles ne vous tuent pas, le suicide seul vous en délivre. Il ne se tua pas, il vécut encore.

  Le carnaval arriva, il ne s’y divertit point. Il faisait tout à contretemps, les enterrements excitaient presque sa gaieté, et les spectacles lui donnaient de la tristesse ; toujours il se figurait une foule de squelettes habillés, avec des gants, des manchettes et des chapeaux à plumes, se penchant au bord des loges, se lorgnant, minaudant, s’envoyant des regards vides ; au parterre il voyait étinceler, sous le feu du lustre, une foule de crânes blancs serrés les uns près des autres. Il entendit des gens descendre en courant l’escalier, ils riaient, ils s’en allaient avec des femmes.

  Un souvenir de jeunesse lui repassa dans l’esprit, il pensa à X…, ce village où il avait été un jour à pied, et dont il a parlé lui-même dans ce que vous avez lu ; il voulut le revoir avant de mourir, il se sentait s’éteindre. Il mit de l’argent dans sa poche, prit son manteau et partit tout de suite. Les jours gras, cette année-là, étaient tombés dès le commencement de février, il faisait encore très froid, les routes étaient gelées, la voiture roulait au grand galop, il était dans le coupé, il ne dormait pas, mais se sentait traîné avec plaisir vers cette mer qu’il allait encore revoir ; il regardait les guides du postillon, éclairés par la lanterne de l’impériale, se remuer en l’air et sauter sur la croupe fumante des chevaux, le ciel était pur et les étoiles brillaient comme dans les plus belles nuits d’été.

  Vers dix heures du matin, il descendit à Y… et de là fit la route à pied jusqu’à X… ; il alla vite, cette fois, d’ailleurs il courait pour se réchauffer. Les fossés étaient pleins de glace, les arbres, dépouillés, avaient le bout de leurs branches rouge, les feuilles tombées, pourries par les pluies, formaient une grande couche noire et gris de fer, qui couvrait le pied de la forêt, le ciel était tout blanc sans soleil. Il remarqua que les poteaux qui indiquent le chemin avaient été renversés ; à un endroit on avait fait une coupe de bois depuis qu’il était passé par là. Il se dépêchait, il avait hâte d’arriver. Enfin le terrain vint à descendre, là il prit, à travers champs, un sentier qu’il connaissait, et bientôt il vit, dans le loin, la mer. Il s’arrêta, il l’entendait battre sur le rivage et gronder au fond de l’horizon, in altum ; une odeur salée lui arriva, portée par la brise froide d’hiver, son cœur battait.

  On avait bâti une nouvelle maison à l’entrée du village, deux ou trois autres avaient été abattues.

  Les barques étaient à la mer, le quai était désert, chacun se tenait enfermé dans sa maison ; de longs morceaux de glace, que les enfants appellent chandelles des rois, pendaient au bord des toits et au bout des gouttières, les enseignes de l’épicier et de l’aubergiste criaient aigrement sur leur tringle de fer, la marée montait et s’avançait sur les galets, avec un bruit de chaînes et de sanglots.

  Après qu’il eût déjeuné, et il fut tout étonné de n’avoir pas faim, il s’alla promener sur la grève. Le vent chantait dans l’air, les joncs minces, qui poussent dans les dunes, sifflaient et se courbaient avec furie, la mousse s’envolait du rivage et courait sur le sable, quelquefois une rafale l’emportait vers le rivage.

  La nuit vint, ou mieux ce long crépuscule qui la précède dans les plus tristes jours de l’année ; de gros flocons de neige tombèrent du ciel, ils se fondaient sur les flots, mais ils restaient longtemps sur la plage, qu’ils tachetaient de grandes larmes d’argent.

  Il vit, à une place, une vieille barque à demi enfouie dans le sable, échouée là peut-être depuis vingt ans, de la christe marine avait poussé dedans, des polypes et des moules s’étaient attachés à ses planches verdies ; il aima cette barque, il tourna tout autour, il la toucha à différentes places, il la regarda singulièrement, comme on regarde un cadavre.

  À cent pas de là, il y avait un petit endroit dans la gorge d’un rocher, ou souvent il avait été s’asseoir et avait passé de bonnes heures à ne rien faire, — il emportait un livre et ne lisait pas, il s’y installait tout seul, le dos par terre, pour regarder le bleu du ciel entre les murs blancs des rochers à pic ; c’était là qu’il avait le mieux entendu le cri des mouettes, et que les fucus suspendus avaient secoué sous lui les perles de leur chevelure ; c’était là qu’il voyait la voile des vaisseaux s’enfoncer sous l’horizon, et que le soleil, pour lui, avait été plus chaud que partout ailleurs sur le reste de la terre.

  Il y retourna, il le retrouva ; mais d’autres en avaient pris possession, car, en fouillant le sol, machinalement, avec son pied, il fit trouvaille d’un cul de bouteille et d’un couteau. Des gens y avaient fait une partie, sans doute, on était venu là avec des dames, on y avait déjeuné, on avait rit, on avait fait des plaisanteries. “O mon Dieu, se dit-il, est-ce qu’il n’y a pas sur la terre des lieux que nous avons assez aimés, où nous avons assez vécu pour qu’ils nous appartiennent jusqu’à la mort, et que d’autres que nous-mêmes n’y mettent jamais les yeux !”

  Il remonta donc par le ravin, où si souvent il avait fait dérouler des pierres sous ses pieds ; souvent même il en avait lancé exprès, avec force, pour les entendre se frapper contre les parois des rochers et l’écho solitaire y répondre. Sur le plateau qui domine la falaise, l’air devint plus vif, il vit la lune s’élever en face, dans une portion du ciel bleu sombre ; sous la lune, à gauche, il y avait une petite étoile.

  Il pleurait, était-ce de froid ou de tristesse ? son cœur crevait, il avait besoin de parler à quelqu’un. Il entra dans un cabaret, où quelquefois il avait été boire de la bière, il demanda un cigare, et il ne put s’empêcher de dire à la bonne femme qui le servait : “Je suis déjà venu ici.” Elle lui répondit : “Ah ! mais, c’est pas la belle saison, m’sieu, c’est pas la belle saison”, et elle lui rendit de la monnaie.

  Le soir il voulut encore sortir, il alla se coucher dans un trou qui sert aux chasseurs pour tirer les canards sauvages, il vit un instant l’image de la lune rouler sur les flots et remuer dans la mer, comme un grand serpent, puis de tous les côtés du ciel des nuages s’amoncelèrent de nouveau, et tout fut noir. Dans les ténèbres, des flots ténébreux se balançaient, montaient les uns sur les autres et détonaient comme des canons, une sorte de rythme faisait de ce bruit une mélodie terrible, le rivage, vibrant sous le coup de vagues, répondait à la haute mer retentissante.

  Il songea un instant s’il ne devait pas en finir, personne ne le verrait, pas de secours à espérer, en trois minutes il serait mort ; mais de suite, par une antithèse ordinaire dans ces moments-là, l’existence vint à lui sourire, il revit sa bonne chambre de travail, et tous les jours tranquilles qu’il pourrait y passer encore. Et cependant les voix de l’abîme l’appelaient, les flots s’ouvraient comme un tombeau, prêts de suite à se refermer sur lui et à l’envelopper dans leurs plis liquides…

  Il eut peur, il rentra, toute la nuit il entendit le vent siffler dans la terreur ; il fit un énorme feu et se chauffa de façon à se rôtir les jambes.

  Son voyage était fini. Rentré chez lui, il trouva ses vitres blanches couvertes de givre, dans la cheminée les charbons étaient éteints, ses vêtements étaient restés sur son lit comme il les avait laissés, l’encre avait séché dans l’encrier ; les murailles étaient froides et suintaient.

  Il se dit : “Pourquoi ne suis-je pas resté là-bas ?” et il pensa avec amertume à la joie de son départ.

  L’été revint, il n’en fut pas plus joyeux. Quelquefois seulement il allait sur le pont des Arts, et il regardait remuer les arbres des Tuileries, et les rayons du soleil couchant qui empourprent le ciel passer, comme une pluie lumineuse, sous l’Arc de l’Étoile.

  Enfin, au mois de décembre dernier, il mourut, mais lentement, petit à petit, par le seule force de la pensée, sans qu’aucun organe fût malade, comme on meurt de tristesse, ce qui paraîtra difficile aux gens qui ont beaucoup souffert, mais ce qu’il faut bien tolérer dans un roman, par amour du merveilleux.

 

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