Complete works of gustav.., p.457

Complete Works of Gustave Flaubert, page 457

 

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  THÉRÈSE (s’arrêtant)

  Ces dames, peut-être ? Allons voir ! (à part) Je ne suis pas fâchée de donner cet exemple à mon mari, (à Amédée)

  A tout à l’heure, Amédée, je vous ménage une surprise...

  il y a là quelqu’un...

  AMÉDÉE

  Qui donc ?

  THÉRÈSE

  Vous verrez ! vous verrez !

  Scène 6

  AMÉDÉE

  De qui veut-elle parler ?

  PAUL

  Je ne sais ! mais n’importe ! Ecoute-moi, je suis un misérable, un enfant ! Veux-tu que je te demande pardon à genoux, Amédée ?

  AMÉDÉE

  A moi ?

  PAUL

  Tu étais joyeux, tu étais libre ; à chacun de tes pas sur ta route on entendait sonner hardiment tes écus dans ta poche et tes fantaisies dans ta tête. Et moi, pour m’assurer une protection qui m’échappe, en vue d’un intérêt tout personnel, sais-tu ce que j’ai fait, Amédée ? je me suis embusqué sur ton chemin comme un traître, j’ai pris ta liberté dans une trappe, j’ai tendu un piège à loups sous ta joie.

  AMÉDÉE

  Un piège à loups !

  PAUL

  Ce complot d’où est résulté ton mariage...

  AMÉDÉE

  Il y avait... un complot ?

  PAUL

  Mais sans doute !

  AMÉDÉE

  Et tu en étais ?

  PAUL (baissant la tête)

  Oui !

  AMÉDÉE

  Ah ! ce cher Paul !... ma reconnaissance... (Il lui saute au cou.)

  PAUL (s’en débarrassant)

  C’est de la générosité, je te remercie.

  AMÉDÉE

  Pourquoi donc ?

  PAUL

  Après ce qui m’arrive ? quand tu as dans ma personne un échantillon des aménités qu’on te réserve ?

  AMÉDÉE

  Ah ! distinguons !

  PAUL

  Distinguons quoi ?

  Ah ! tu m’entends, j’ai beau être ton ami, il y a véritablement des choses...

  PAUL

  Quelles choses ?

  AMÉDÉE

  Voyons, en bonne conscience, peux-tu espérer que je donne mon approbation à ta... comment dirais-je ? je ne veux pas être amer... à ta conduite ?

  PAUL

  Tu me fais de la morale, toi ! quand hier, cette nuit même...

  AMÉDÉE (regardant autour de lui)

  Chut ! on pourrait t’entendre ! j’étais encore garçon, cette nuit.

  PAUL

  Et ce matin ?

  AMÉDÉE

  Mon Dieu, oui ! je me sens métamorphosé, je l’avoue ; cet acte solennel, la cérémonie, nos serments, l’orgue... Mes yeux se sont ouverts, j’ai dépouillé le vieil homme... Certaines positions exigent de nous certaines idées ; ce qui ne semblait la veille qu’une plaisanterie, peut prendre le lendemain des proportions colossales, et sans vouloir me poser en Don Quichotte de la vertu, je trouve franchement qu’il y a des bornes.

  PAUL (avec force)

  Je crois bien ! (à Amédée) Est-ce que tu me salueras encore dans la rue, Amédée ?

  AMÉDÉE

  Es-tu bête ! certainement, mon vieux, ce n’est pas parce qu’un ami a eu le malheur de s’égarer... (lui serrant la main)

  certainement !

  PAUL

  Que tu es bon ! (à part, avec amertume) Lui aussi ! (apercevant les dames qui entrent) La cour !

  Scène 7

  (Paul, Amédée, Mme de Grémonville, Mme Duvernier, Mme ie Mérilhac, Thérèse, Valentine. - Elles arrivent processionnellement, s’assoient en demi-cercle et après un long silence, Paul restant debout, seul, au milieu de la scène, et Amédée derrière le siège de sa femme.)

  Mme DE GRÉMONVILLE (à Mme de Mérilhac)

  Vous avez la parole, Madame.

  MME DE MÉRILHAC

  Madame Duvernier plutôt.

  Mme DE GRÉMONVILLE (à Mme Duvernier)

  Madame !

  Mme DE GRÉMONVILLE (à Mme de Mérilhac)

  Non, vous !

  Mme DE MÉRILHAC

  Non !

  Mme DUVERNIER (à Mme de Grémonville)

  Vous.

  Mme DE GRÉMONVILLE

  Soit ! (à Paul) Toute faute, Monsieur, doit être suivie d’une expiation, et malgré les objections que vous pourrez faire...

  PAUL

  Je n’en ferai aucune, Madame !

  Mme DE GRÉMONVILLE

  Après les événements déplorables que je ne veux pas rappeler...

  AMÉDÉE (à part)

  Très bien !

  Mme DE GRÉMONVILLE

  ...et avant que ma fille ne recommence d’enchaîner sa destinée à la vôtre, il faudrait nous prouver, c’est le moins>

  la sincérité de votre repentir par une conduite à la fois morale et régulière.

  Mme DE MÉRILHAC

  Morale.

  Mme DUVERNIER

  Régulière.

  AMÉDÉE (à part)

  Il y a, vraiment, dans cette juridiction de la famille, quelque chose qui empoigne.

  Mme DE GRÉMONVILLE

  Nous vous exposerons d’abord le seul plan de vie qui puisse vous mener à l’accomplissement de nos vœux.

  Mme DUVERNIER

  C’est cela. Continuez.

  MME DE GRÉMONVILLE

  J’ignore vos dettes, mais vos ressources personnelles sont insuffisantes désormais à vous faire tenir dans le monde un rang convenable ; vos deux familles y pourvoiront, Monsieur. Non pas, veuillez le croire, par des prodigalités dangereuses, source de tentations nouvelles, mais en mêlant leur existence à la vôtre, et sous la protection de deux mères.

  Oh ! vous serez bien entouré, cette fois !

  PAUL

  Comment, entouré ?

  Mme DUVERNIER

  Sans doute ! dès demain, je m’établis chez vous (montrant Mme de Grémonville) avec Madame, car je ne laisserai pas souiller mon nom, le nom de votre père !

  Mme DE GRÉMONVILLE

  Je n’abandonnerai point à la mobilité de vos passions le bonheur de mon enfant, et l’avenir de ma petite-fille.

  Mme DUVERNIER

  Je n’en ai pas le droit.

  Mme DE GRÉMONVILLE

  Ce serait de ma part un crime !

  Mme DE MÉRILHAC (aux dames)

  Et moi, qui n’ai dans la famille qu’une autorité indirecte, je vous promets de veiller au dehors, et généralement, à toutes les phases de son existence.

  THÉRÈSE

  L’abondance de précautions ne peut nuire.

  AMÉDÉE (avec un geste violent)

  Bravo !

  THÉRÈSE (se retournant)

  Tenez-vous donc tranquille ! on dirait que j’ai épousé un saltimbanque !

  AMÉDÉE

  Un reste d’habitude, pardon, mon ange ! c’était pour montrer seulement que je me soumets d’avance à toutes les volontés de ma belle petite femme.

  PAUL (après avoir regardé Amédée, et baissant la tête)

  Oh ! sexe faible !

  Mme DE GRÉMONVILLE

  Enfin, Monsieur, comme vous avez découragé par votre inexactitude (montrant Mme de Mérilhac) le plus bienveillant des patronages, et perdu sans retour un poste éminent, ce n’est plus dans ce genre d’occupations qu’il vous est permis de chercher une place ; mais comme, d’autre part, vous devez fuir l’oisiveté, cette mère de tous les vices... Voulez-vous prendre la parole, comtesse, puisqu’aussi bien c’est vous...

  MME DE MÉRILHAC

  Nous avons donc pensé à des fonctions... obligatoires, sérieuses ; et j’espère que l’on trouvera, pour vous, quelque emploi dans un bureau.

  PAUL

  Un bureau ? jamais de la vie !

  Scène 8

  M. DES ORBIÈRES (à Mme de Mérilhac)

  Voici, chère Madame, ce que vous avez désiré. (Il lui tend une grande enveloppe ministérielle.)

  Mme DE MÉRILHAC (à Amédée)

  Cela vous regarde, mon ami. Lisez-le.

  AMÉDÉE

  Quel cachet ! (Il ouvre et parcourt des yeux.) « Inspecteur du degré d’avancement des commandes faites aux artistes par la Direction des Beaux-Arts : Monsieur Amédée Peyronneau »... Moi ? oui ! moi ! inspecteur !

  PAUL (à M. des Orbières)

  Comment ? après m’avoir destitué !

  M. DES ORBIÈRES

  Eh ! que voulez-vous, cher Monsieur ? Des convenances, un peu exagérées peut-être, mais impérieuses, l’opposition qui est toujours là, à nous guetter, et puis... un homme qui vit dans le désordre, après tout ! bref, il nous a fallu, bien malgré moi, vous retirer cette place.

  PAUL (désignant Amédée)

  Et pour la donner à...

  M. DES ORBIÈRES

  Du moment qu’elle était libre, mieux valait Monsieur Peyronneau, votre ami, que le premier venu, convenez-en.

  Mme DE GRÉMONVILLE

  D’autant plus qu’il est aussi capable.

  THÉRÈSE

  Il a même la vocation !

  AMÉDÉE (obéissant au geste de Thérèse)

  Parbleu !

  Mme DE MÉRILHAC (mielleusement)

  Et cela ne sort pas de la famille !

  M. DES ORBIÈRES

  De cette façon, vous voyez, je satisfais tout à la fois aux exigences de l’amitié et... pardon du mot... à celles de la morale.

  PAUL

  La morale ? mais je l’ai servie ; le mariage de Thérèse ne se serait pas fait sans moi, et puisqu’on me force à parler de mon désintéressement, je m’exécute.

  (à Mme de Grémonville)

  Oh ! vous avez beau me regarder, Madame, je ne suis pas plus fou qu’un autre, et monsieur votre mari, si on l’interroge, donnera là-dessus des renseignements.

  MME DE GRÉMONVILLE

  Vous pouvez vous-même lui parler, le voilà !

  Scène 9

  M. DE GRÉMONVILLE

  Je m’excuse auprès de mon nouveau gendre d’avoir manqué la cérémonie ; j’avais pris dans la gare un train pour un autre, et je me suis réveillé à Mont-de-Marsan. Alors, forcément, j’ai été obligé de repasser par Toulouse.

  PAUL

  Qu’ai-je fait, moi, Monsieur, en venant vous voir à Toulouse ?

  M. DE GRÉMONVILLE

  Une chose très bien.

  Mme DE GRÉMONVILLE

  Vous n’allez pas ennuyer la compagnie par des détails !

  M. DE GRÉMONVILLE

  Des détails ? non.

  PAUL

  Dites au moins...

  M. DE GRÉMONVILLE

  Monsieur Duvernier m’a engagé à une chose... une chose...

  Mme DE GRÉMONVILLE

  Que vous auriez faite de vous-même, mon Dieu !

  M. DE GRÉMONVILLE

  Que j’allais faire, moi-même... oui.

  PAUL

  Et qui est... Voyons ! précisez !

  M. DE GRÉMONVILLE

  (obéissant toujours au regard de Mme de Grémonville)

  Qui est très bien... très bien... et cela m’étonne !

  PAUL

  De moi ?

  M. DE GRÉMONVILLE

  Oui, car tout à l’heure je viens d’apprendre par ma femme vos coupables égarements.

  PAUL (croisant les bras)

  Vous la croyez ?

  M. DE GRÉMONVILLE

  Pourquoi pas ? et je vous blâme, je vous blâme, tout à fait !... On aurait dû me laisser à Toulouse plutôt que de me faire assister à de pareils... tableaux.

  PAUL

  Ah ! vous aussi ! tout le monde contre moi ! Eh bien, puisqu’on est à me marchander un pardon que j’implore et jusqu’à un amour qui m’appartient, je repousse net toutes les conditions qu’on m’impose. Assez de prières ! (à Mme de Mérilhac) Je ne descendrai pas pour vivre au modeste emploi que vos bontés me destinaient, Madame... (à M. des Orbières) Et j’espère pouvoir me passer de vous, Monsieur le Ministre !... Si deux maisons me sont fermées et la mienne devenue impossible, une autre va s’ouvrir : celle du général Varin des Ilots. Vous parliez de mes dettes ? rassurez-vous, il les paye.

  Mme DE GRÉMONVILLE

  Lui ?

  Mme DUVERNIER

  Comment ?

  THÉRÈSE

  Quel exemple !

  Mme DE MÉRILHAC

  Une aberration !

  Mme DE GRÉMONVILLE

  Un scandale !

  PAUL (à Mme de Grémonville)

  Il n’a pas d’autre héritier que moi, Madame, je suis désespéré de vous l’apprendre. C’est un esprit juste, un bon cœur, sachant distinguer une faiblesse d’une infamie, assez sûr de lui-même pour être indulgent aux autres, et dont la fortune, je regrette mille fois de vous le dire, échappe complètement à l’influence salutaire du sexe le plus aimable et le plus infaillible. (prenant son chapeau) J’ai bien l’honneur de vous saluer !

  Scène 10

  LE GÉNÉRAL

  Tout est réparé ! j’ai tout réparé !

  PAUL (se jetant à son cou)

  Cher Parrain !

  Mme DUVERNIER

  Vous n’avez pas été indisposé ?

  LE GÉNÉRAL

  Pas le moins du monde !

  Mme DE GRÉMONVILLE

  Votre absence au mariage...

  Toutes ces affaires...

  Mme DUVERNIER

  Je n’étais pas sans inquiétudes !

  Mme DE GRÉMONVILLE

  Effectivement, si on savait le général bien entouré d’une famille...

  PAUL (à part)

  Oh ! le serpent, qui veut l’attirer dans sa maison !

  Mme DE GRÉMONVILLE

  Tandis qu’une personne, seule, d’un certain âge... livrée exclusivement à des domestiques mâles... sans ces mille petits soins qu’on ne peut espérer que des femmes...

  LE GÉNÉRAL

  C’est incontestable ! incontestable !

  PAUL (avec anxiété)

  Que dit-il ?

  Mme DE GRÉMONVILLE

  D’autant plus que vous êtes accoutumé à ces douceurs-là, et que la perte irréparable de cette bonne Gertrude...

  PAUL

  Allons, Madame, vous exagérez singulièrement les choses ; on peut trouver ailleurs quelqu’un de dévoué.

  Mme DE GRÉMONVILLE

  Allons donc !

  LE GÉNÉRAL

  J’en ai une autre !

  Mme DUVERNIER

  Une autre !

  PAUL (à part)

  Ah ! très fort, il a flairé le piège, je suis sauvé, [haut, avec feu) Et quand vous n’en auriez pas une autre, cher parrain, quand il serait impossible de rencontrer dans le monde connu une femme assez... phénoménale pour diriger convenablement votre maison, sachez que vous trouverez en moi non seulement un filleul, mais un fils. Jour et nuit, à toute heure, je serai fier de vous témoigner par mes soins l’éternelle reconnaissance que je vous dois.

  LE GÉNÉRAL

  Je te remercie.

  PAUL

  A compter d’aujourd’hui, plus d’obligations qui m’enchaînaient ! je vous suis de ce pas, je vous appartiens corps et âme !

  LE GÉNÉRAL (étonné)

  Que dis-tu ?

  PAUL

  J’habiterai chez vous, nous vivrons seuls, tous les deux !

  LE GÉNÉRAL (stupéfait)

  Tu rêves !

  PAUL

  Ah, sans doute ! vous ne savez pas, j’oubliais !... Malgré cette noble indulgence dont vous avez enveloppé toute ma folie, quand les autres ont pu connaître par votre exemple le chemin de la miséricorde et du pardon, ma femme me maudit, mes deux familles me repoussent ou du moins ne m’admettent qu’à des conditions trop basses pour qu’il me soit permis de les accepter. Vous voyez donc bien que je peux vous suivre.

  LE GÉNÉRAL

  Sacrebleu ! mon garçon, nous ne nous entendons pas du tout !... Donne-moi un fauteuil. (Il s’assoit.) J’ai absolument tout réparé ! comprends-tu ?

  PAUL

  Eh bien ?

  LE GÉNÉRAL

  Mais, mille tonnerres ! tu ne peux pas demeurer chez moi !

  fais ta paix !

  PAUL (interdit)

  Que je...

  LE GÉNÉRAL (avec résolution)

  C’est impossible ! j’en suis bien fâché... Fais ta paix !

  Mme DE GRÉMONVILLE (triomphante)

  A la bonne heure ! voilà qui est parlé, général.

  PAUL (désespéré)

  Ainsi, vous me refusez votre porte ?

  LE GÉNÉRAL (avec impatience)

  Quand je te dis que j’ai trouvé une personne !

 

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