The french masters, p.541
The French Masters, page 541
Présenter une pareille note à un homme qui avait si parfaitement l’air d’ » un pauvre », cela lui paraissait malaisé.
Le voyageur semblait préoccupé et distrait. Il répondit :
— Oui, madame. Je m’en vais.
— Monsieur, reprit-elle, n’avait donc pas d’affaires à Montfermeil ?
— Non. Je passe par ici. Voilà tout. Madame, ajouta-t-il, qu’est-ce que je dois ?
La Thénardier, sans répondre, lui tendit la carte pliée.
L’homme déplia le papier, le regarda, mais son attention était visiblement ailleurs.
— Madame, reprit-il, faites-vous de bonnes affaires dans ce Montfermeil ?
— Comme cela, monsieur, répondit la Thénardier stupéfaite de ne point voir d’autre explosion.
Elle poursuivit d’un accent élégiaque et lamentable :
— Oh ! monsieur, les temps sont bien durs ! et puis nous avons si peu de bourgeois dans nos endroits ! C’est tout petit monde, voyez-vous. Si nous n’avions pas par-ci par-là des voyageurs généreux et riches comme monsieur ! Nous avons tant de charges. Tenez, cette petite nous coûte les yeux de la tête.
— Quelle petite ?
— Eh bien, la petite, vous savez ! Cosette ! l’Alouette, comme on dit dans le pays !
— Ah ! dit l’homme.
Elle continua :
— Sont-ils bêtes, ces paysans, avec leurs sobriquets ! elle a plutôt l’air d’une chauve-souris que d’une alouette. Voyez-vous, monsieur, nous ne demandons pas la charité, mais nous ne pouvons pas la faire. Nous ne gagnons rien, et nous avons gros à payer. La patente, les impositions, les portes et fenêtres, les centimes ! Monsieur sait que le gouvernement demande un argent terrible ! Et puis j’ai mes filles, moi. Je n’ai pas besoin de nourrir l’enfant des autres. L’homme reprit, de cette voix qu’il s’efforçait de rendre indifférente et dans laquelle il y avait un tremblement :
— Et si l’on vous en débarrassait ?
— De qui ? de la Cosette ?
— Oui.
La face rouge et violente de la gargotière s’illumina d’un épanouissement hideux.
— Ah, monsieur ! mon bon monsieur ! prenez-la, gardez-la, emmenez-la, emportez-la, sucrez-la, truffez-la, buvez-la, mangez-la, et soyez béni de la bonne sainte Vierge et de tous les saints du paradis !
— C’est dit.
— Vrai ? vous l’emmenez ?
— Je l’emmène.
— Tout de suite ?
— Tout de suite. Appelez l’enfant.
— Cosette ! cria la Thénardier.
— En attendant, poursuivit l’homme, je vais toujours vous payer ma dépense. Combien est-ce ?
Il jeta un coup d’œil sur la carte et ne put réprimer un mouvement de surprise :
— Vingt-trois francs !
Il regarda la gargotière et répéta :
— Vingt-trois francs ?
Il y avait dans la prononciation de ces deux mots ainsi répétés l’accent qui sépare le point d’exclamation du point d’interrogation.
La Thénardier avait eu le temps de se préparer au choc. Elle répondit avec assurance :
— Dame oui, monsieur ! c’est vingt-trois francs.
L’étranger posa cinq pièces de cinq francs sur la table.
— Allez chercher la petite, dit-il.
En ce moment, le Thénardier s’avança au milieu de la salle et dit :
— Monsieur doit vingt-six sous.
— Vingt-six sous ! s’écria la femme.
— Vingt sous pour la chambre, reprit le Thénardier froidement, et six sous pour le souper. Quant à la petite, j’ai besoin d’en causer un peu avec monsieur. Laisse-nous, ma femme. La Thénardier eut un de ces éblouissements que donnent les éclairs imprévus du talent. Elle sentit que le grand acteur entrait en scène, ne répliqua pas un mot, et sortit.
Dès qu’ils furent seuls, le Thénardier offrit une chaise au voyageur. Le voyageur s’assit ; le Thénardier resta debout, et son visage prit une singulière expression de bonhomie et de simplicité.
— Monsieur, dit-il, tenez, je vais vous dire. C’est que je l’adore, moi, cette enfant.
L’étranger le regarda fixement.
— Quelle enfant ?
Thénardier continua :
— Comme c’est drôle ! on s’attache. Qu’est-ce que c’est que tout cet argent-là ? reprenez donc vos pièces de cent sous. C’est une enfant que j’adore.
— Qui ça ? demanda l’étranger.
— Hé, notre petite Cosette ! ne voulez-vous pas nous l’emmener ? Eh bien, je parle franchement, vrai comme vous êtes un honnête homme, je ne peux pas y consentir. Elle me ferait faute, cette enfant. J’ai vu ça tout petit. C’est vrai qu’elle nous coûte de l’argent, c’est vrai qu’elle a des défauts, c’est vrai que nous ne sommes pas riches, c’est vrai que j’ai payé plus de quatre cents francs en drogues rien que pour une de ses maladies ! Mais il faut bien faire quelque chose pour le bon Dieu. Ça n’a ni père ni mère, je l’ai élevée. J’ai du pain pour elle et pour moi. Au fait j’y tiens, à cette enfant. Vous comprenez, on se prend d’affection ; je suis une bonne bête, moi ; je ne raisonne pas ; je l’aime, cette petite ; ma femme est vive, mais elle l’aime aussi. Voyez-vous, c’est comme notre enfant. J’ai besoin que ça babille dans la maison.
L’étranger le regardait toujours fixement. Il continua :
— Pardon, excuse, monsieur, mais on ne donne point son enfant comme ça à un passant. Pas vrai que j’ai raison ? Après cela, je ne dis pas, vous êtes riche, vous avez l’air d’un bien brave homme, si c’était pour son bonheur ? Mais il faudrait savoir. Vous comprenez ? Une supposition que je la laisserais aller et que je me sacrifierais, je voudrais savoir où elle va, je ne voudrais pas la perdre de vue, je voudrais savoir chez qui elle est, pour l’aller voir de temps en temps, qu’elle sache que son bon père nourricier est là, qu’il veille sur elle. Enfin il y a des choses qui ne sont pas possibles. Je ne sais seulement pas votre nom ? Vous l’emmèneriez, je dirais : eh bien, l’Alouette ? Où donc a-t-elle passé ? Il faudrait au moins voir quelque méchant chiffon de papier, un petit bout de passeport, quoi !
L’étranger, sans cesser de le regarder de ce regard qui va, pour ainsi dire, jusqu’au fond de la conscience, lui répondit d’un accent grave et ferme :
— Monsieur Thénardier, on n’a pas de passeport pour venir à cinq lieues de Paris. Si j’emmène Cosette, je l’emmènerai, voilà tout. Vous ne saurez pas mon nom, vous ne saurez pas ma demeure, vous ne saurez pas où elle sera, et mon intention est qu’elle ne vous revoie de sa vie. Je casse le fil qu’elle a au pied, et elle s’en va. Cela vous convient-il ? Oui ou non.
De même que les démons et les génies reconnaissaient à de certains signes la présence d’un dieu supérieur, le Thénardier comprit qu’il avait affaire à quelqu’un de très fort. Ce fut comme une intuition ; il comprit cela avec sa promptitude nette et sagace. La veille, tout en buvant avec les rouliers, tout en fumant, tout en chantant des gaudrioles, il avait passé la soirée à observer l’étranger, le guettant comme un chat et l’étudiant comme un mathématicien. Il l’avait à la fois épié pour son propre compte, pour le plaisir et par instinct, et espionné comme s’il eût été payé pour cela. Pas un geste, pas un mouvement de l’homme à la capote jaune ne lui était échappé. Avant même que l’inconnu manifestât si clairement son intérêt pour Cosette, le Thénardier l’avait deviné. Il avait surpris les regards profonds de ce vieux qui revenaient toujours à l’enfant. Pourquoi cet intérêt ? Qu’était-ce que cet homme ? Pourquoi, avec tant d’argent dans sa bourse, ce costume si misérable ? Questions qu’il se posait sans pouvoir les résoudre et qui l’irritaient. Il y avait songé toute la nuit. Ce ne pouvait être le père de Cosette. Était-ce quelque grand-père ? Alors pourquoi ne pas se faire connaître tout de suite ? Quand on a un droit, on le montre. Cet homme évidemment n’avait pas de droit sur Cosette. Alors qu’était-ce ? Le Thénardier se perdait en suppositions. Il entrevoyait tout, et ne voyait rien. Quoi qu’il en fût, en entamant la conversation avec l’homme, sûr qu’il y avait un secret dans tout cela, sûr que l’homme était intéressé à rester dans l’ombre, il se sentait fort ; à la réponse nette et ferme de l’étranger, quand il vit que ce personnage mystérieux était mystérieux si simplement, il se sentit faible. Il ne s’attendait à rien de pareil. Ce fut la déroute de ses conjectures. Il rallia ses idées. Il pesa tout cela en une seconde. Le Thénardier était un de ces hommes qui jugent d’un coup d’œil une situation. Il estima que c’était le moment de marcher droit et vite. Il fit comme les grands capitaines à cet instant décisif qu’ils savent seuls reconnaître, il démasqua brusquement sa batterie.
— Monsieur, dit-il, il me faut quinze cents francs.
L’étranger prit dans sa poche de côté un vieux portefeuille en cuir noir, l’ouvrit et en tira trois billets de banque qu’il posa sur la table. Puis il appuya son large pouce sur ces billets, et dit au gargotier :
— Faites venir Cosette. Pendant que ceci se passait, que faisait Cosette ?
Cosette, en s’éveillant, avait couru à son sabot. Elle y avait trouvé la pièce d’or. Ce n’était pas un napoléon, c’était une de ces pièces de vingt francs toutes neuves de la restauration sur l’effigie desquelles la petite queue prussienne avait remplacé la couronne de laurier. Cosette fut éblouie. Sa destinée commençait à l’enivrer. Elle ne savait pas ce que c’était qu’une pièce d’or, elle n’en avait jamais vu, elle la cacha bien vite dans sa poche comme si elle l’avait volée. Cependant elle sentait que cela était bien à elle, elle devinait d’où ce don lui venait, mais elle éprouvait une sorte de joie pleine de peur. Elle était contente ; elle était surtout stupéfaite. Ces choses si magnifiques et si jolies ne lui paraissaient pas réelles. La poupée lui faisait peur, la pièce d’or lui faisait peur. Elle tremblait vaguement devant ces magnificences. L’étranger seul ne lui faisait pas peur. Au contraire, il la rassurait. Depuis la veille, à travers ses étonnements, à travers son sommeil, elle songeait dans son petit esprit d’enfant à cet homme qui avait l’air vieux et pauvre et si triste, et qui était si riche et si bon. Depuis qu’elle avait rencontré ce bonhomme dans le bois, tout était comme changé pour elle. Cosette, moins heureuse que la moindre hirondelle du ciel, n’avait jamais su ce que c’est que de se réfugier à l’ombre de sa mère et sous une aile. Depuis cinq ans, c’est-à-dire aussi loin que pouvaient remonter ses souvenirs, la pauvre enfant frissonnait et grelottait. Elle avait toujours été toute nue sous la bise aigre du malheur, maintenant il lui semblait qu’elle était vêtue. Autrefois son âme avait froid, maintenant elle avait chaud. Elle n’avait plus autant de crainte de la Thénardier. Elle n’était plus seule ; il y avait quelqu’un là.
Elle s’était mise bien vite à sa besogne de tous les matins. Ce louis, qu’elle avait sur elle, dans ce même gousset de son tablier d’où la pièce de quinze sous était tombée la veille, lui donnait des distractions. Elle n’osait pas y toucher, mais elle passait des cinq minutes à le contempler, il faut le dire, en tirant la langue. Tout en balayant l’escalier, elle s’arrêtait, et restait là, immobile, oubliant le balai et l’univers entier, occupée à regarder cette étoile briller au fond de sa poche.
Ce fut dans une de ces contemplations que la Thénardier la rejoignit.
Sur l’ordre de son mari, elle l’était allée chercher. Chose inouïe, elle ne lui donna pas une tape et ne lui dit pas une injure.
— Cosette, dit-elle presque doucement, viens tout de suite.
Un instant après, Cosette entrait dans la salle basse.
L’étranger prit le paquet qu’il avait apporté et le dénoua. Ce paquet contenait une petite robe de laine, un tablier, une brassière de futaine, un jupon, un fichu, des bas de laine, des souliers, un vêtement complet pour une fille de huit ans. Tout cela était noir.
— Mon enfant, dit l’homme, prends ceci et va t’habiller bien vite.
Le jour paraissait lorsque ceux des habitants de Montfermeil qui commençaient à ouvrir leurs portes virent passer dans la rue de Paris un bonhomme pauvrement vêtu donnant la main à une petite fille tout en deuil qui portait une grande poupée rose dans ses bras. Ils se dirigeaient du côté de Livry.
C’étaient notre homme et Cosette.
Personne ne connaissait l’homme ; comme Cosette n’était plus en guenilles, beaucoup ne la reconnurent pas.
Cosette s’en allait. Avec qui ? elle l’ignorait. Où ? elle ne savait. Tout ce qu’elle comprenait, c’est qu’elle laissait derrière elle la gargote Thénardier. Personne n’avait songé à lui dire adieu, ni elle à dire adieu à personne. Elle sortait de cette maison haïe et haïssant.
Pauvre doux être dont le cœur n’avait jusqu’à cette heure été que comprimé !
Cosette marchait gravement, ouvrant ses grands yeux et considérant le ciel. Elle avait mis son louis dans la poche de son tablier neuf. De temps en temps elle se penchait et lui jetait un coup d’œil, puis elle regardait le bonhomme. Elle sentait quelque chose comme si elle était près du bon Dieu.
Chapitre X
Qui cherche le mieux peut trouver le pire
La Thénardier, selon son habitude, avait laissé faire son mari. Elle s’attendait à de grands événements. Quand l’homme et Cosette furent partis, le Thénardier laissa s’écouler un grand quart d’heure, puis il la prit à part et lui montra les quinze cents francs.
— Que ça ! dit-elle.
C’était la première fois, depuis le commencement de leur ménage, qu’elle osait critiquer un acte du maître.
Le coup porta.
— Au fait, tu as raison, dit-il, je suis un imbécile. Donne-moi mon chapeau.
Il plia les trois billets de banque, les enfonça dans sa poche et sortit en toute hâte, mais il se trompa et prit d’abord à droite. Quelques voisines auxquelles il s’informa le remirent sur la trace, l’Alouette et l’homme avaient été vus allant dans la direction de Livry. Il suivit cette indication, marchant à grands pas et monologuant.
— Cet homme est évidemment un million habillé en jaune, et moi je suis un animal. Il a d’abord donné vingt sous, puis cinq francs, puis cinquante francs, puis quinze cents francs, toujours aussi facilement. Il aurait donné quinze mille francs. Mais je vais le rattraper.
Et puis ce paquet d’habits préparés d’avance pour la petite, tout cela était singulier ; il y avait bien des mystères là-dessous. On ne lâche pas des mystères quand on les tient. Les secrets des riches sont des éponges pleines d’or ; il faut savoir les presser. Toutes ces pensées lui tourbillonnaient dans le cerveau.
— Je suis un animal, disait-il.
Quand on est sorti de Montfermeil et qu’on a atteint le coude que fait la route qui va à Livry, on la voit se développer devant soi très loin sur le plateau. Parvenu là, il calcula qu’il devait apercevoir l’homme et la petite. Il regarda aussi loin que sa vue put s’étendre, et ne vit rien. Il s’informa encore. Cependant il perdait du temps. Des passants lui dirent que l’homme et l’enfant qu’il cherchait s’étaient acheminés vers les bois du côté de Gagny. Il se hâta dans cette direction.
Ils avaient de l’avance sur lui, mais un enfant marche lentement, et lui il allait vite. Et puis le pays lui était bien connu.
Tout à coup il s’arrêta et se frappa le front comme un homme qui a oublié l’essentiel, et qui est prêt à revenir sur ses pas.
— J’aurais dû prendre mon fusil ! se dit-il.
Thénardier était une de ces natures doubles qui passent quelquefois au milieu de nous à notre insu et qui disparaissent sans qu’on les ait connues parce que la destinée n’en a montré qu’un côté. Le sort de beaucoup d’hommes est de vivre ainsi à demi submergés. Dans une situation calme et plate, Thénardier avait tout ce qu’il fallait pour faire — nous ne disons pas pour être — ce qu’on est convenu d’appeler un honnête commerçant, un bon bourgeois. En même temps, certaines circonstances étant données, certaines secousses venant à soulever sa nature de dessous, il avait tout ce qu’il fallait pour être un scélérat. C’était un boutiquier dans lequel il y avait du monstre. Satan devait par moments s’accroupir dans quelque coin du bouge où vivait Thénardier et rêver devant ce chef-d’œuvre hideux. Après une hésitation d’un instant :
— Bah ! pensa-t-il, ils auraient le temps d’échapper !
Et il continua son chemin, allant devant lui rapidement, et presque d’un air de certitude, avec la sagacité du renard flairant une compagnie de perdrix.
En effet, quand il eut dépassé les étangs et traversé obliquement la grande clairière qui est à droite de l’avenue de Bellevue, comme il arrivait à cette allée de gazon qui fait presque le tour de la colline et qui recouvre la voûte de l’ancien canal des eaux de l’abbaye de Chelles, il aperçut au-dessus d’une broussaille un chapeau sur lequel il avait déjà échafaudé bien des conjectures. C’était le chapeau de l’homme. La broussaille était basse. Le Thénardier reconnut que l’homme et Cosette étaient assis là. On ne voyait pas l’enfant à cause de sa petitesse, mais on apercevait la tête de la poupée.
Le Thénardier ne se trompait pas. L’homme s’était assis là pour laisser un peu reposer Cosette. Le gargotier tourna la broussaille et apparut brusquement aux regards de ceux qu’il cherchait.
— Pardon excuse, monsieur, dit-il tout essoufflé, mais voici vos quinze cents francs.
En parlant ainsi, il tendait à l’étranger les trois billets de banque.
L’homme leva les yeux.
— Qu’est-ce que cela signifie ?
Le Thénardier répondit respectueusement :
— Monsieur, cela signifie que je reprends Cosette.
Cosette frissonna et se serra contre le bonhomme.
Lui, il répondit en regardant le Thénardier dans le fond des yeux et en espaçant toutes les syllabes.
— Vous re-pre-nez Cosette ?
— Oui, monsieur, je la reprends. Je vais vous dire. J’ai réfléchi. Au fait, je n’ai pas le droit de vous la donner. Je suis un honnête homme, voyez-vous. Cette petite n’est pas à moi, elle est à sa mère. C’est sa mère qui me l’a confiée, je ne puis la remettre qu’à sa mère. Vous me direz : Mais la mère est morte. Bon. En ce cas je ne puis rendre l’enfant qu’à une personne qui m’apporterait un écrit signé de la mère comme quoi je dois remettre l’enfant à cette personne-là. Cela est clair.




