The french masters, p.656
The French Masters, page 656
Et, avec une accentuation poignante, il ajouta :
— Monsieur Pontmercy, cela n’a pas le sens commun, je suis un honnête homme. C’est en me dégradant à vos yeux que je m’élève aux miens. Ceci m’est déjà arrivé une fois, mais c’était moins douloureux ; ce n’était rien. Oui, un honnête homme. Je ne le serais pas si vous aviez, par ma faute, continué de m’estimer ; maintenant que vous me méprisez, je le suis. J’ai cette fatalité sur moi que, ne pouvant jamais avoir que de la considération volée, cette considération m’humilie et m’accable intérieurement, et que, pour que je me respecte, il faut qu’on me méprise. Alors je me redresse. Je suis un galérien qui obéit à sa conscience. Je sais bien que cela n’est pas ressemblant. Mais que voulez-vous que j’y fasse ? cela est. J’ai pris des engagements envers moi-même ; je les tiens. Il y a des rencontres qui nous lient, il y a des hasards qui nous entraînent dans des devoirs. Voyez-vous, monsieur Pontmercy, il m’est arrivé des choses dans ma vie.
Jean Valjean fit encore une pause, avalant sa salive avec effort comme si ses paroles avaient un arrière-goût amer, et il reprit :
— Quand on a une telle horreur sur soi, on n’a pas le droit de la faire partager aux autres à leur insu, on n’a pas le droit de leur communiquer sa peste, on n’a pas le droit de les faire glisser dans son précipice sans qu’ils s’en aperçoivent, on n’a pas le droit de laisser traîner sa casaque rouge sur eux, on n’a pas le droit d’encombrer sournoisement de sa misère le bonheur d’autrui. S’approcher de ceux qui sont sains et les toucher dans l’ombre avec son ulcère invisible, c’est hideux. Fauchelevent a eu beau me prêter son nom, je n’ai pas le droit de m’en servir ; il a pu me le donner, je n’ai pas pu le prendre. Un nom, c’est un moi. Voyez-vous, monsieur, j’ai un peu pensé, j’ai un peu lu, quoique je sois un paysan ; et je me rends compte des choses. Vous voyez que je m’exprime convenablement. Je me suis fait une éducation à moi. Eh bien oui, soustraire un nom et se mettre dessous, c’est déshonnête. Des lettres de l’alphabet, cela s’escroque comme une bourse ou comme une montre. Être une fausse signature en chair et en os, être une fausse clef vivante, entrer chez d’honnêtes gens en trichant leur serrure, ne plus jamais regarder, loucher toujours, être infâme au dedans de moi, non ! non ! non ! non ! Il vaut mieux souffrir, saigner, pleurer, s’arracher la peau de la chair avec les ongles, passer les nuits à se tordre dans les angoisses, se ronger le ventre et l’âme. Voilà pourquoi je viens vous raconter tout cela. De gaîté de cœur, comme vous dites.
Il respira péniblement, et jeta ce dernier mot :
— Pour vivre, autrefois, j’ai volé un pain ; aujourd’hui, pour vivre, je ne veux pas voler un nom.
— Pour vivre ! interrompit Marius. Vous n’avez pas besoin de ce nom pour vivre ?
— Ah ! je m’entends, répondit Jean Valjean, en levant et en abaissant la tête lentement plusieurs fois de suite.
Il y eut un silence. Tous deux se taisaient, chacun abîmé dans un gouffre de pensées. Marius s’était assis près d’une table et appuyait le coin de sa bouche sur un de ses doigts replié. Jean Valjean allait et venait. Il s’arrêta devant une glace et demeura sans mouvement. Puis, comme s’il répondait à un raisonnement intérieur, il dit en regardant cette glace où il ne se voyait pas :
— Tandis qu’à présent je suis soulagé !
Il se remit à marcher et alla à l’autre bout du salon. À l’instant où il se retourna, il s’aperçut que Marius le regardait marcher. Alors il lui dit avec un accent inexprimable :
— Je traîne un peu la jambe. Vous comprenez maintenant pourquoi.
Puis il acheva de se tourner vers Marius :
— Et maintenant, monsieur, figurez-vous ceci : Je n’ai rien dit, je suis resté monsieur Fauchelevent, j’ai pris ma place chez vous, je suis des vôtres, je suis dans ma chambre, je viens déjeuner le matin, en pantoufles, les soirs nous allons au spectacle tous les trois, j’accompagne madame Pontmercy aux Tuileries et à la place Royale, nous sommes ensemble, vous me croyez votre semblable ; un beau jour, je suis là, vous êtes là, nous causons, nous rions, tout à coup vous entendez une voix crier ce nom : Jean Valjean ! et voilà que cette main épouvantable, la police, sort de l’ombre et m’arrache mon masque brusquement !
Il se tut encore ; Marius s’était levé avec un frémissement. Jean Valjean reprit :
— Qu’en dites-vous ?
Le silence de Marius répondait.
Jean Valjean continua :
— Vous voyez bien que j’ai raison de ne pas me taire. Tenez, soyez heureux, soyez dans le ciel, soyez l’ange d’un ange, soyez dans le soleil, et contentez-vous-en, et ne vous inquiétez pas de la manière dont un pauvre damné s’y prend pour s’ouvrir la poitrine et faire son devoir ; vous avez un misérable homme devant vous, monsieur.
Marius traversa lentement le salon, et quand il fut près de Jean Valjean, lui tendit la main.
Mais Marius dut aller prendre cette main qui ne se présentait point, Jean Valjean se laissa faire, et il sembla à Marius qu’il étreignait une main de marbre.
— Mon grand-père a des amis, dit Marius ; je vous aurai votre grâce.
— C’est inutile, répondit Jean Valjean. On me croit mort, cela suffit. Les morts ne sont pas soumis à la surveillance. Ils sont censés pourrir tranquillement. La mort, c’est la même chose que la grâce.
Et, dégageant sa main que Marius tenait, il ajouta avec une sorte de dignité inexorable :
— D’ailleurs, faire mon devoir, voilà l’ami auquel j’ai recours ; et je n’ai besoin que d’une grâce, celle de ma conscience.
En ce moment, à l’autre extrémité du salon, la porte s’entrouvrit doucement et dans l’entre-bâillement la tête de Cosette apparut. On n’apercevait que son doux visage, elle était admirablement décoiffée, elle avait les paupières encore gonflées de sommeil. Elle fit le mouvement d’un oiseau qui passe sa tête hors du nid, regarda d’abord son mari, puis Jean Valjean, et leur cria en riant, on croyait voir un sourire au fond d’une rose :
— Parions que vous parlez politique ! Comme c’est bête, au lieu d’être avec moi !
Jean Valjean tressaillit.
— Cosette !... balbutia Marius. — Et il s’arrêta. On eût dit deux coupables.
Cosette, radieuse, continuait de les regarder tour à tour tous les deux. Il y avait dans ses yeux comme des échappées de paradis.
— Je vous prends en flagrant délit, dit Cosette. Je viens d’entendre à travers la porte mon père Fauchelevent qui disait : — La conscience.... — Faire son devoir.... — C’est de la politique, ça. Je ne veux pas. On ne doit pas parler politique dès le lendemain. Ce n’est pas juste.
— Tu te trompes, Cosette, répondit Marius. Nous parlons affaires. Nous parlons du meilleur placement à trouver pour tes six cent mille francs....
— Ce n’est pas tout ça, interrompit Cosette. Je viens. Veut-on de moi ici ?
Et, passant résolûment la porte, elle entra dans le salon. Elle était vêtue d’un large peignoir blanc à mille plis et à grandes manches qui, partant du cou, lui tombait jusqu’aux pieds. Il y a, dans les ciels d’or des vieux tableaux gothiques, de ces charmants sacs à mettre un ange.
Elle se contempla de la tête aux pieds dans une grande glace, puis s’écria avec une explosion d’extase ineffable :
— Il y avait une fois un roi et une reine. Oh ! comme je suis contente !
Cela dit, elle fit la révérence à Marius et à Jean Valjean.
— Voilà, dit-elle, je vais m’installer près de vous sur un fauteuil, on déjeune dans une demi-heure, vous direz tout ce que vous voudrez, je sais bien qu’il faut que les hommes parlent, je serai bien sage.
Marius lui prit le bras, et lui dit amoureusement :
— Nous parlons affaires.
— À propos, répondit Cosette, j’ai ouvert ma fenêtre, il vient d’arriver un tas de pierrots dans le jardin. Des oiseaux, pas des masques. C’est aujourd’hui mercredi des cendres ; mais pas pour les oiseaux.
— Je te dis que nous parlons affaires, va, ma petite Cosette, laisse-nous un moment. Nous parlons chiffres. Cela t’ennuierait.
— Tu as mis ce matin une charmante cravate, Marius. Vous êtes fort coquet, monseigneur. Non, cela ne m’ennuiera pas.
— Je t’assure que cela t’ennuiera.
— Non. Puisque c’est vous. Je ne vous comprendrai pas, mais je vous écouterai. Quand on entend les voix qu’on aime, on n’a pas besoin de comprendre les mots qu’elles disent. Être là ensemble, c’est tout ce que je veux. Je reste avec vous, bah !
— Tu es ma Cosette bien-aimée ! Impossible.
— Impossible !
— Oui.
— C’est bon, reprit Cosette. Je vous aurais dit des nouvelles. Je vous aurais dit que mon grand-père dort encore, que votre tante est à la messe, que la cheminée de la chambre de mon père Fauchelevent fume, que Nicolette a fait venir le ramoneur, que Toussaint et Nicolette se sont déjà disputées, que Nicolette se moque du bégayement de Toussaint. Eh bien, vous ne saurez rien ! Ah ! c’est impossible ? Moi aussi, à mon tour, vous verrez, monsieur, je dirai : c’est impossible. Qui est-ce qui sera attrapé ? Je t’en prie, mon petit Marius, laisse-moi ici avec vous deux.
— Je te jure qu’il faut que nous soyons seuls.
— Eh bien, est-ce que je suis quelqu’un ?
Jean Valjean ne prononçait pas une parole. Cosette se tourna vers lui :
— D’abord, père, vous, je veux que vous veniez m’embrasser. Qu’est-ce que vous faites là à ne rien dire au lieu de prendre mon parti ? qui est-ce qui m’a donné un père comme ça ? Vous voyez bien que je suis très malheureuse en ménage. Mon mari me bat. Allons, embrassez-moi tout de suite.
Jean Valjean s’approcha.
Cosette se retourna vers Marius.
— Vous, je vous fais la grimace.
Puis elle tendit son front à Jean Valjean.
Jean Valjean fit un pas vers elle.
Cosette recula.
— Père, vous êtes pâle. Est-ce que votre bras vous fait mal ?
— Il est guéri, dit Jean Valjean.
— Est-ce que vous avez mal dormi ?
— Non.
— Est-ce que vous êtes triste ?
— Non.
— Embrassez-moi. Si vous vous portez bien, si vous dormez bien, si vous êtes content, je ne vous gronderai pas.
Et de nouveau elle lui tendit son front.
Jean Valjean déposa un baiser sur ce front où il y avait un reflet céleste.
— Souriez.
Jean Valjean obéit. Ce fut le sourire d’un spectre.
— Maintenant, défendez-moi contre mon mari.
— Cosette !... fit Marius.
— Fâchez-vous, père. Dites-lui qu’il faut que je reste. On peut bien parler devant moi. Vous me trouvez donc bien sotte. C’est donc bien étonnant ce que vous dites ! des affaires, placer de l’argent à une banque, voilà grand’chose. Les hommes font les mystérieux pour rien. Je veux rester. Je suis très jolie ce matin ; regarde-moi, Marius.
Et avec un haussement d’épaules adorable et on ne sait quelle bouderie exquise, elle regarda Marius. Il y eut comme un éclair entre ces deux êtres. Que quelqu’un fût là, peu importait.
— Je t’aime ! dit Marius.
— Je t’adore ! dit Cosette.
Et ils tombèrent irrésistiblement dans les bras l’un de l’autre.
— À présent, reprit Cosette en rajustant un pli de son peignoir avec une petite moue triomphante, je reste.
— Cela, non, répondit Marius d’un ton suppliant. Nous avons quelque chose à terminer.
— Encore non ?
Marius prit une inflexion de voix grave :
— Je t’assure, Cosette, que c’est impossible.
— Ah ! vous faites votre voix d’homme, monsieur. C’est bon, on s’en va. Vous, père, vous ne m’avez pas soutenue. Monsieur mon mari, monsieur mon papa, vous êtes des tyrans. Je vais le dire à grand-père. Si vous croyez que je vais revenir et vous faire des platitudes, vous vous trompez. Je suis fière. Je vous attends à présent. Vous allez voir que c’est vous qui allez vous ennuyer sans moi. Je m’en vais, c’est bien fait.
Et elle sortit.
Deux secondes après, la porte se rouvrit, sa fraîche tête vermeille passa encore une fois entre les deux battants, et elle leur cria :
— Je suis très en colère.
La porte se referma et les ténèbres se refirent.
Ce fut comme un rayon de soleil fourvoyé qui, sans s’en douter, aurait traversé brusquement de la nuit.
Marius s’assura que la porte était bien refermée.
— Pauvre Cosette ! murmura-t-il, quand elle va savoir....
À ce mot, Jean Valjean trembla de tous ses membres. Il fixa sur Marius un œil égaré.
— Cosette ! oh oui, c’est vrai, vous allez dire cela à Cosette. C’est juste. Tiens, je n’y avais pas pensé. On a de la force pour une chose, on n’en a pas pour une autre. Monsieur, je vous en conjure, je vous en supplie, monsieur, donnez-moi votre parole la plus sacrée, ne le lui dites pas. Est-ce qu’il ne suffit pas que vous le sachiez, vous ? J’ai pu le dire de moi-même sans y être forcé, je l’aurais dit à l’univers, à tout le monde, ça m’était égal. Mais elle, elle ne sait pas ce que c’est, cela l’épouvanterait. Un forçat, quoi ! on serait forcé de lui expliquer, de lui dire : C’est un homme qui a été aux galères. Elle a vu un jour passer la chaîne. Oh mon Dieu !
Il s’affaissa sur un fauteuil et cacha son visage dans ses deux mains. On ne l’entendait pas, mais aux secousses de ses épaules, on voyait qu’il pleurait. Pleurs silencieux, pleurs terribles.
Il y a de l’étouffement dans le sanglot. Une sorte de convulsion le prit, il se renversa en arrière sur le dossier du fauteuil comme pour respirer, laissant pendre ses bras et laissant voir à Marius sa face inondée de larmes, et Marius l’entendit murmurer si bas que sa voix semblait être dans une profondeur sans fond : — Oh, je voudrais mourir !
— Soyez tranquille, dit Marius, je garderai votre secret pour moi seul.
Et, moins attendri peut-être qu’il n’aurait dû l’être, mais obligé depuis une heure de se familiariser avec un inattendu effroyable, voyant par degrés un forçat se superposer sous ses yeux à M. Fauchelevent, gagné peu à peu par cette réalité lugubre, et amené par la pente naturelle de la situation à constater l’intervalle qui venait de se faire entre cet homme et lui, Marius ajouta :
— Il est impossible que je ne vous dise pas un mot du dépôt que vous avez si fidèlement et si honnêtement remis. C’est là un acte de probité. Il est juste qu’une récompense vous soit donnée. Fixez la somme vous-même, elle vous sera comptée. Ne craignez pas de la fixer très haut.
— Je vous en remercie, monsieur, répondit Jean Valjean avec douceur.
Il resta pensif un moment, passant machinalement le bout de son index sur l’ongle de son pouce, puis il éleva la voix :
— Tout est à peu près fini. Il me reste une dernière chose....
— Laquelle ?
Jean Valjean eut comme une suprême hésitation, et, sans voix, presque sans souffle, il balbutia plus qu’il ne dit :
— À présent que vous savez, croyez-vous, monsieur, vous qui êtes le maître, que je ne dois plus voir Cosette ?
— Je crois que ce serait mieux, répondit froidement Marius.
— Je ne la verrai plus, murmura Jean Valjean.
Et il se dirigea vers la porte.
Il mit la main sur le bec-de-cane, le pêne céda, la porte s’entre-bâilla, Jean Valjean l’ouvrit assez pour pouvoir passer, demeura une seconde immobile, puis referma la porte et se retourna vers Marius.
Il n’était plus pâle, il était livide, il n’y avait plus de larmes dans ses yeux, mais une sorte de flamme tragique. Sa voix était redevenue étrangement calme.
— Tenez, monsieur, dit-il, si vous voulez, je viendrai la voir. Je vous assure que je le désire beaucoup. Si je n’avais pas tenu à voir Cosette, je ne vous aurais pas fait l’aveu que je vous ai fait, je serais parti ; mais voulant rester dans l’endroit où est Cosette et continuer de la voir, j’ai dû honnêtement tout vous dire. Vous suivez mon raisonnement, n’est-ce pas ? c’est là une chose qui se comprend. Voyez-vous, il y a neuf ans passés que je l’ai près de moi. Nous avons demeuré d’abord dans cette masure du boulevard, ensuite dans le couvent, ensuite près du Luxembourg. C’est là que vous l’avez vue pour la première fois. Vous vous rappelez son chapeau de peluche bleue. Nous avons été ensuite dans le quartier des Invalides où il y avait une grille et un jardin. Rue Plumet. J’habitais une petite arrière-cour d’où j’entendais son piano. Voilà ma vie. Nous ne nous quittions jamais. Cela a duré neuf ans et des mois. J’étais comme son père, et elle était mon enfant. Je ne sais pas si vous me comprenez, monsieur Pontmercy, mais s’en aller à présent, ne plus la voir, ne plus lui parler, n’avoir plus rien, ce serait difficile. Si vous ne le trouvez pas mauvais, je viendrai de temps en temps voir Cosette. Je ne viendrais pas souvent. Je ne resterais pas longtemps. Vous diriez qu’on me reçoive dans la petite salle basse. Au rez-de-chaussée. J’entrerais bien par la porte de derrière, qui est pour les domestiques, mais cela étonnerait peut-être. Il vaut mieux, je crois, que j’entre par la porte de tout le monde. Monsieur, vraiment. Je voudrais bien voir encore un peu Cosette. Aussi rarement qu’il vous plaira. Mettez-vous à ma place, je n’ai plus que cela. Et puis, il faut prendre garde. Si je ne venais plus du tout, il y aurait un mauvais effet, on trouverait cela singulier. Par exemple, ce que je puis faire, c’est de venir le soir, quand il commence à être nuit.
— Vous viendrez tous les soirs, dit Marius, et Cosette vous attendra.
— Vous êtes bon, monsieur, dit Jean Valjean.
Marius salua Jean Valjean, le bonheur reconduisit jusqu’à la porte le désespoir, et ces deux hommes se quittèrent.




